Eskimoz a craqué l’algorithme Google avec un taux de réussite de 92 %


Copie d'écran des suggestions en autocomplétion de Google sur crackage de son algo
Screenshot des Serps sur le crackage d’algo Google

Analyse du discours : si on “craque”, ce n’est pas partiellement. Donc soit on craque l’algo de GG à 100%, soit on devine à 92%

D’ailleurs, pourquoi surfer sur la vague tech, emprunter au langage de la sécurité informatique et utiliser le terme “craquer” pour l’algorithme Google ? Pour surfer sur les codes geeks, et exploiter le côté sensationnel de ce terme qui est surtout connu pour son côté illégal. “To crack the code” est une chose pour expliquer qu’on a réussi à résoudre un problème algorithmique, mais le cracker, à la différence du hacker, est un technicien informatique qui fait sauter les protections des logiciels. C’est donc un pirate informatique qui utilise des méthodes et des outils de reverse engineering pour analyser le code source d’un logiciel en vue d’identifier les portions de codes dédiés à son système anti-copie. Pour, je pense que vous l’aurez compris, pouvoir ensuite copier facilement le logiciel – qui n’est protégé contre la copie – sur tout support numérique.

L’algorithme Google ne se télécharge pas sur son navigateur

Or dans le cas de la déclaration du PDG d’Eskimoz (une compagnie spécialisée en prestations SEA et SEO, donc des référenceurs web) sur la chaîne BFM TV, il n’y a pas de code à craquer. Parce que le code source des différentes strates logicielles utilisées par Google pour alimenter, analyser et classifier les entrées de ses bases de données n’est pas disponible. Ce code est gardé uniquement en amont de la chaîne de publication web. Il n’est pas relié à internet. Il manipule les données récoltées par les crawlers GoogleBot et restitue ses résultats dans les datacenters Google avant que ceux-ci soient exposés au monde entier via le moteur de recherche.

Il est donc impossible à quiconque de pouvoir affirmer qu’il ou elle a craqué Google.

Au sein même de la firme de Mountain View, les différents services et business units sont étroitement cloisonnés, de façon à ce que chaque couche de traitement algorithmique soit isolée. Ainsi même un ingénieur informatique ou un data scientist de chez Google ne peut prétendre autre chose qu’avoir une connaissance grossière de la “big picture”, de l’ensemble des services utilisés dans le classement des sites au sein des pages de résultats. Sinon chaque personne quittant un service informatique chez Alphabet Inc. serait potentiellement capable de lancer un clone du célèbre moteur de recherche propulsé par le PageRank.

Cette annonce est donc une fable marketing destinée à faire croire aux crédules que les référenceurs de chez Eskimoz détiennent la connaissance absolue, le graal de toute entreprise qui veut être visible sur internet grâce aux moteurs de recherche comme Google.

Enfin, presque. Disons que cette la raison d’être de cette interview télévisée est de faire croire que les spécialistes en référencement naturel de chez Eskimoz détiennent 92% du savoir relatif et absolu de Google.

Ce qui vous fait tout de suite sourire non ?

Par comparaison avec les termes de pirates informatiques utilisés qui entretiennent le flou sur la vraie signification.

D’ailleurs, pourquoi ne pas lancer une nouvelle mode ?

Nous, referenceurs.org, déclarons avoir craqué 97% du code de Bing.

Soit 96,9% du code de Qwant ? La polémique continue…

Source : https://www.bfmtv.com/economie/replay-emissions/tech-and-co/eskimoz-a-craque-l-algorithme-de-google-avec-un-taux-de-reussite-de-92_VN-202207110650.html


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