Pourquoi ne pas coopter un référenceur ?

1 - Les SEO/SMO sont tous des bonimenteurs. Ils cultivent leur e-reputation et s'auto-proclament des résultats qui ne dépendent pas uniquement d'eux, ne leur appartiennent pas ou relèvent d'une époque révolue (où c'était facile).

> Combien de référenceurs publient des chiffres sans apporter aucune preuve, ni aucune étude de cas ? Par exemple, untel a "fait réaliser +25% de CA à son client". D'où ça sort ? Où sont les données avant/après ? Quelles sont les actions entreprises et sur quelle durée ?

> Nombreux sont ceux qui arrivent en bout de chaîne et s'octroient tous les bénéfices d'une action collective (développeurs web, ergonomes et autres pros de l'UX, rédacteurs web...)

> Encore plus nombreux sont ceux qui publient fièrement en référence des clients de 2000. A une époque où le keyword stuffing permettait de ranker, facile de faire du référencement !

> Plus difficile à déjouer, mais pourtant malhonnête car trompeur : ceux qui affichent fièrement une courbe en progression et commentent 200% de gain de trafic... Évidemment ils ne divulguent jamais le site ("secret professionnel oblige"). Moi aussi je peux monter un site sur une micro-niche et afficher 200% de croissance de visibilité sur un secteur sans concurrence.

2 - Les SEO ont le corporatisme dans leur ADN

> Les dinos du SEO forment un petit groupe très soudé. On les retrouve sur les forums ou blogs à se remémorer le "bon vieux temps" où il gagnaient des millions en revenus passifs simplement avec de l'affiliation ou de la monétisation Adsense. En général ils sont tous très solidaires et n'hésitent pas à s'envoyer des clients, voire à se les faire tourner en prétextant qu'untel est meilleur qu'eux pour tel type de prestation qui sera facturé +25% chez le collègue (et le collègue, ça sera eux pour le prochain client - la linkwheel ça marche aussi dans le monde réel).

> Par tradition et mimétisme, les petits nouveaux qui arrivent dans le milieu du référencement n'hésitent pas à encenser les plus anciens. C'est le plus souvent à l'aveugle, car la plupart ne peuvent expliquer pourquoi il y a cette forme de "respect". En vérité c'est bien souvent motivé par la recherche de réciprocité tacite ("j'ai mis un lien vers ton site alors j'espère que tu me renverra l’ascenseur"). Pour ceux qui cherchent à expliquer pourquoi ils glorifient des gens qu'ils ne connaissent pas de visu, c'est souvent la notion de "partage" qui revient. Même si ce qui a été partagé à une époque ne sert plus aujourd'hui. Donc si vous avez "partagé" hier et que vous l'avez fait savoir, vous gagnerez en popularité et notoriété simplement sur ce fait, et non pas sur ce que vous avez pu réellement apporter à une époque. Hummmm... ça manque d'esprit critique tout ça.

> Donc attention aux recommandations en fonction du sens du vent !

3 - Les SEO sont des suiveurs

> Relire le point numéro 2 ci-dessus et ajouter que les SEO s'auto-valident souvent entre eux, simplement parce qu'untel avance ceci ou cela, les autres se feront un plaisir de relayer ("partager" pardon) le message. L'ont-ils vérifié et analysé pour autant ? Très rarement, pour la bonne et simple raison que cela demanderait trop d'efforts ou bien encore qu'ils n'ont pas les compétences ni les connaissances pour le faire.

> Aimeriez-vous recommander un référenceur qui est incapable de prendre une décision sans consulter ses pairs ?

4 - Les SEO sont perdus

> Lorsqu'il s'agit d'obtenir de vrais résultats quantifiables, les SEO sont à l'Ouest. Et c'est bien normal puisque leur terrain de jeu, Google, modifie ses règles de positionnement très régulièrement. A partir du moment où on est pas dans le secret des Dieux, on ne peut tout au mieux que faire de l'approximation en tâtonnant.

> Embaucheriez-vous un référenceur qui ne soit pas capable de citer ce qui fonctionne / ce qui ne fonctionne pas en référencement, et de l'expliquer simplement (sans tenter de vous endormir avec son jargon) ?

5 - Les SEO sont dépendants (et acheteurs)

> Cf point quatre ci-dessus. Comme ils n'arrivent pas à savoir de façon certaine ce qui fonctionne pour mieux positionner un site, ils s'appuient sur tous un tas de données qui leurs sont fournies par des logiciels. Le plus navrant, c'est que chaque logiciel fournit des données différentes, qui ne sont de toutes façons pas les données réellement prises en compte par Google. Mais pour avoir un aperçu exhaustif de toute cette approximation de données, les plus professionnels (les plus consciencieux) sont de très bons clients. Ils achètent ou louent plusieurs services de données différents, contradictoires ou complémentaires, pour essayer de brosser un tableau correct à fournir à leur client. Et comme ils paient pour ces services, ils ont bonne conscience car une partie de leurs revenus est "investie" dans ces achats ou ces locations que certains n'hésitent pas à catégoriser comme "Recherche et Développement"...

> Si vous recrutez un SEO, attendez-vous de passer à la caisse "logiciels SEO"... Et c'est sans fin... La plupart des SEO ont en effet franchi le pas et sont devenus développeurs web. Ils vendent maintenant leurs outils, principalement sous forme de location (Modes PaaS/SaaS).

> On peut ajouter à cette "liste d'achats" tous les types de prestations connexes au SEO : achat de rédactionnels, prestations de linking, développement de logiciels "maison"...

6 - Les SEO sont de bons clients (d'autres SEOs)

> Cf. point numéro cinq, auquel on peut ajouter les ressources offline : les SEO s'imaginent assez vite dans leur carrière qu'écrire un livre va permettre de légitimer leur statut. Ces ouvrages, dont les contenus sont souvent obsolètes au bout de 3 mois, sont généralement d'un niveau faible si on s'intéresse à la rédaction et à la pédagogie. Et comme tous les livres traitant de sujets inhérents à l'informatique, vous vous retrouvez avec des pages entières de tables des matières, de checklist qui n'en finissent pas, de codes à insérer dans vos sites etc : très peu de valeur ajoutée par rapport à ce qu'on trouve déjà sur le web. Néanmoins, chaque nouvelle publication est traitée comme un évènement, et se voit relayée ("partagée") sur les blogs et réseaux sociaux. #BonPlanInside : Facile pour obtenir un RT ou un like/partage sur FB ! Dire que vous avez adoré le dernier livre de untel... Il vous RT dans la demi-heure (et là pour le coup, c'est pas une mise en favori hein).

> Si vous recrutez un SEO, attendez-vous de passer à la caisse "livres SEO"... Et c'est sans fin... En 2017 ce sont des dizaines de livres qui sortent des presses, avec des mises à jour annuelles pour les ouvrages de référence... Mais est-il vraiment utile pour autant de les acheter tous ?

7 - Les SEO sont de très bons clients (d'autres SEOs)

> En plus des points 5 et 6, un autre type de prestation est devenu à la mode dans le milieu du référencement : les formations. Mieux que les blogs, les réseaux sociaux ou les forums, plus confidentiel que les livres, avec la promesse incomparable d'avoir une relation de vive-voix avec un maître-référenceur, la formation SEO est un peu le Saint-Graal du secteur. Et surtout pour le formateur. Pour une dépense allant de quelques centaines d'euros à plusieurs milliers (sans compter les frais), le référenceur a l'impression de gagner une longueur d'avance grâce à de nouveaux savoirs. Et surtout, très concrètement, de pouvoir capitaliser sur son investissement en publiant partout qu'il a fait une formation. Avec (voir points N°6) un développement du copinage "formateur/apprenant" permettant de grappiller qui quelques liens, qui quelques mentions sur les réseaux sociaux.

> Si vous recrutez un SEO, attendez-vous de passer à la caisse "formations SEO"... Et c'est sans fin...

8 -  Les SEO sont-ils la poule aux œufs d'or ?

> Les vendeurs de rêve (la promesse d'un meilleur positionnement dans les moteurs de recherche) sont également les meilleurs acheteurs de pelle, comme nous l'avons vu précédemment : ils achètent ou louent des logiciels, des livres, des formations, mais ce n'est pas tout. Ils participent également activement au développement du réseau en participant (surtout passivement) aux évènements comme des séminaires et autres conférences. Ces rendez-vous entre concurrents collègues permet de se taper sur l'épaule et de se faire la bise au vu et au su de tous. Donc de prolonger ce qui se fait sur les réseaux. Pour ensuite, rediffuser l'info sur ces réseaux. Décidément, les SEO forment une catégorie de clients à part...

> Si vous recrutez un SEO, attendez-vous de passer à la caisse "évènements SEO"... Et c'est sans fin...

9 - Les SEO qui font du SMO sont encore pire

> Non seulement leur aspect "couteau suisse / multi-casquette" est insolent (un peu comme ceux qui s'auto-proclament "expert SEO consultant" après 3 années d'expérience professionnelle), mais tout ce qui a été vu ci-dessus se trouve démultiplié aux services en ligne existant. En effet, on ne s'intéresse plus uniquement à Google mais aussi à Facebook, Twitter, Pinterest, Instagram, LinkedIn, Viadeo, etc... Donc ces moutons à 5 pattes sont encore plus gourmands en logiciels pour gérer tous les comptes sur tous ces réseaux sociaux, et encore plus perdus puisque le nombre de mises à jour et modifications est proportionnellement plus élevé. Ces profils ont un avenir professionnel qui repose sur ces différents supports, il va donc de leur carrière qu'ils s'engouffrent dans la voie du "toujours plus" (toujours plus de présence en ligne, toujours plus de partages, de like, de contacts, de followers, etc)

> Si vous recrutez un SEO/SMO, préparez-vous à plein de tableaux de bords facilement manipulables (achat de fans, de followers, de like...) et d'effets de bords pas toujours maîtrisés (campagne virale qui se transforme en bad buzz et compagnie)

10 - Les SEO/SMO ne sont qu'une petite partie d'un secteur qui tire sa valeur dans la fuite en avant

> Editeurs logiciels, professionnels du référencement naturel et payant, développeurs d'applis mobile, recruteurs, institutions, collectivités, politiques, vie publique et vie privée : l'économie du web est présente partout, et sert souvent à justifier de nombreuses créations d'emploi. Or on pointe souvent en exemple le rêve américain (Google, Amazon, Facebook, Apple) alors que tout est loin d'être rose pour ces entreprises, sauf les ambitions démesurées qui devraient alerter les décideurs.